Areni, premier vin du monde

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Areni, premier vin du monde

Areni, premier vin du monde

L’histoire commence en 2348 avant Jésus-Christ. Le Seigneur dit à Noé : « Entre dans l’arche, toi et toute ta maison … Tu prendras auprès de toi sept couples de tous les animaux… Car, encore sept jours, et je ferai pleuvoir sur la terre quarante jours et quarante nuits, et j’exterminerai de la face de la terre tous les êtres que j’ai faits… Et Noé entra dans l’arche avec ses fils, sa femme et les femmes de ses fils, pour échapper aux eaux du déluge… Sept jours après, les eaux du déluge furent sur la terre. »

La Genèse 7,1-12.

Pour une cuite, ce fut une sacrée cuite que celle de Noé ! L’arche avait longtemps navigué sur les flots engloutissant la terre et, lorsque le niveau commença à baisser, elle se posa sur le premier sommet émergeant des eaux : le mont Ararat. Tandis que les animaux allaient se reproduisant, la famille Noé se livra à l’agriculture. Parmi les nombreux fruits de sa production, Noé oublia un jour dans une jarre quelques grappes de raisin. Lorsque, plus tard, il s’avisa de goûter à ce breuvage, il perdit tout contrôle, se dénuda et s’endormit. Le premier vin de la Genèse venait de produire son premier effet. Ce ne serait pas le dernier !

A portée de regard du mont Ararat, dans les flancs de la montagne d’Areni, s’entrouvre une grotte finalement assez semblable à des milliers d’autres, disséminées aux quatre coins de cet univers de roches volcaniques qu’est l’Arménie. Sauf que…

Sauf que c’est ici, dans cette grotte, que furent découverts en 2008 une chaussure en cuir vieille de 5500 ans et, surtout, différents objets plus anciens (4100 av.J.-C.) liés à la fabrication du vin : un fouloir, une cuve d’argile, de nombreux tessons et des pépins de raisin !

« Le premier vin de l’humanité aurait été produit ici », affirme le gardien en nous ouvrant le portail permettant d’accéder, un peu plus haut, à l’entrée de la grotte. Quant aux premiers vignerons, ils étaient sans doute des Houttites appartenant à un groupe transcaucasien installé, à l’âge du bronze, au sud de l’Arménie actuelle. Dans cette nation si fière d’être la première à avoir adopté le christianisme (en l’an 301), les disciples de Jésus prirent la relève et ce vin venu du fond des âges devint « le sang du Christ ».

Les récentes découvertes d’Areni ont relégué au second plan la Georgie voisine, longtemps considérée comme le berceau du vin, affirmation confirmée à la période du communisme, qui avait décidé d’attribuer la production du vin à la Georgie et à l’Arménie celle du « brandy », excellent alcool n’ayant guère à envier au meilleur cognac français.

Dans une bonne partie du pays – et particulièrement dans la région d’Areni – la production viticole est progressivement devenue, depuis l’Indépendance (1991), un des fleurons de la nouvelle économie. Les bonnes bouteilles ne sont guère à la portée des Arméniens moyens (une dizaine d’euros) et certains crus atteignent même une ou plusieurs centaines d’euros. Ils sont recherchés par les connaisseurs du monde entier et un négociant suisse (Schuler / St.Jakobskellerei) possède et exploite désormais un vignoble à Areni.

Le vin arménien est six fois millénaire mais, même s’ils continuent à privilégier le cépage Areni vieux de six millénaires, les grands domaines viticoles d’Arménie installés dans la plaine d’Armavir sont récents. Comme nombre d’entreprises, ils sont souvent le fait de familles de la diaspora, revenues depuis l’Indépendance et désireuses de participer au nouvel essor du pays de leurs origines.

C’est le cas d’Eduardo Eumekian et de sa nièce Juliana del Aguila. Ils possédaient un vignoble en Argentine, dans une région au climat difficile, la Patagonie. Ils ont choisi de revenir au pays de leurs ancêtres pour fonder maison Karas.

C’est aussi le cas d’Armenia Wines, important domaine aux technologies ultramodernes, fondée en 2006 par les familles Vardanyan et Mkrtchvan. C’est enfin le cas des vins Alluria, nos préférés mais pas forcément à portée de toutes les bourses parce qu’issus d’un tout petit domaine de 5 hectares exploité « à l’ancienne » par Samuel Machanyan, dont le papa est aussi le président d’Armswissbank, un établissement financier opérant entre l’Arménie et la Suisse. Le plaisir n’a pas de prix.

Par Alex Décotte, juin 2019

Source : www.presstourism.ch

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